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Les lames de fer des couteaux européens, que l'on retrouve sur ce couteau micmac des années 1600, se sont révélées grandement supérieures aux lames de pierre des Amérindiens et étaient des biens fort prisés. (Avec la permission du Musée canadien des civilisations/CD97-141-095-III-F-325)
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Le bilan de ce que l'Europe a apporté aux Amérindiens est plus sombre. Il n'en demeure pas moins que dans un premier temps, la vie matérielle des Autochtones en fut enrichie. Contrairement à la croyance populaire, les livres de comptes de la Compagnie de la baie d'Hudson, fondée par les Anglais en 1670, permettent d'observer que les Amérindiens n'échangent pas leurs fourrures contre des objets sans importance. Hormis le tabac et l'eau-de-vie, qui peuvent être qualifiés de luxueux, les objets qu'exigent les Amérindiens sont, dans la plupart des cas, pratiques: des armes à feu, des munitions, des articles de métal (couteaux, aiguilles, ciseaux), des marmites, des draps ou des couvertures. De plus, les Amérindiens semblent avoirs des requêtes bien précises : pour la chasse et le « trappage », ils veulent un équipement résistant et léger. C'est un défi de taille que doivent relever les manufacturiers européens, qui fabriquent les armes et les marchandises en métal. Tirant avantage de la concurrence, les Amérindiens forcent même les Européens à adapter leur technologie pour les besoins du Canada nordique.
En ce sens, les marchandises de traite améliorent les conditions de vie des Autochtones. Ce sont sûrement les armes à feu qui ont eu le plus d'impact sur leur mode de vie. Ayant jusqu'alors traqué et tué le gibier avec des arcs, des lances et des flèches, ils doivent souvent chercher les bêtes sur une longue distance, puisqu'elles ne meurent pas immédiatement. Avec les armes à feu toutefois, la mort est quasi instantanée et les chasseurs ont donc un meilleur rendement. Autre instrument grandement prisé, le couteau de métal européen est rapidement adopté par les Autochtones, qui l'utilisent notamment pour la fabrication des canots et lorsqu'il faut donner au bois des formes complexes.
Côté langues, les Mi'kmaqs et Malécites ont incorporé eux aussi des termes français dans leur langue parlée au quotidien: ils ont conservé, entre autres, le terme bonsoir, qu'ils prononcent posoel, capitaine qu'ils prononcent gapiten et simis pour chemise.
Toutefois, il fut d'autres trouvailles qui ne seront pas aussi bénéfiques aux Amérindiens. L'eau-de-vie et le rhum, par exemples, dont ils n'avaient pas connu l'expérience auparavant, affaiblissent leur bon sens, facilitent l'expression de ressentiment et stimulent les querelles dans des sociétés où la survie dépend de l'accord et de la collaboration entre les membres.
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