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Le sirop d'érable

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Résumé

Que peut-il y avoir de plus " canadien " que le sirop d'érable? Le temps des sucres, cette brève période de l'année où l'hiver fait place au printemps, où la neige commence à fondre et la sève à couler dans les érablières, évoque des images romantiques de notre passé. Malgré toute la modernisation et les nouvelles technologies agricoles, l'exploitation familiale des produits de l'érable n'a guère changé au fil des ans.

Bien avant l'arrivée des Européens, les peuples Autochtones de l'est de l'Amérique du Nord savaient recueillir et transformer la douce sève des érables. Une légende iroquoise explique même la découverte du sirop. Un chef iroquois retira d'un érable la hachette qu'il y avait plantée et partit à la chasse. Il ne remarqua pas l'entaille qu'il laissa dans l'arbre, mais pendant toute la journée, un liquide incolore s'en écoula et fut recueilli dans un bol en écorce de bouleau déposé au pied de l'arbre. Le lendemain, sa femme remarqua le bol et, croyant qu'il contenait de l'eau, s'en servit pour faire cuire un ragoût de gibier. La douceur de son ragoût fut une agréable surprise, et ainsi naquit la tradition des salaisons à l'érable.

La production mondiale du sirop d'érable se limite à une petite région, les forêts de bois franc qui s'étendent du milieu des États-Unis jusqu'aux Maritimes, en passant par l'Ontario, le Québec et la Nouvelle-Angleterre. L'érable à sucre fabrique à l'intérieur de ses feuilles un sucre très énergétique. Celui-ci se mêle à l'eau absorbée par les racines de l'arbre et produit une sève qui circule dans l'arbre. Les sucres se transforment tout au long de l'hiver et commencent à couler aux premières chaleurs printanières.

La responsabilité des sucres revenait principalement à la femme autochtone. Au printemps, la communauté autochtone quittait son campement d'hiver pour s'installer dans une érablière. Chaque femme de la famille avait une hutte qui servait à la fabrication du sirop. Les hommes entaillaient les arbres, inséraient dans chacun une petite gouttière en bois sculpté, et plaçaient sur le sol des bols qui recueillaient la sève. Une fois les bols remplis, tous les membres de la famille les rapportaient à la hutte pour la prochaine opération, longue et laborieuse. Pour faire évaporer l'eau de la sève, on plaçait à l'intérieur des contenants de sève des pierres chauffées à même les flammes.

En observant les autochtones, les premiers colons du Canada apprirent comment entailler les érables et faire bouillir la sève pour fabriquer le sirop. Ils expérimentèrent les méthodes autochtones et les améliorèrent. Plutôt que d'entailler l'écorce, les colons perçaient des trous dans l'arbre et y glissaient des petits becs en bois. Pour mettre les seaux à l'abri du vent et des animaux, ils les suspendaient à des clous enfoncés sous les becs. Ils faisaient bouillir la sève dans des chaudrons de fer sur un feu ouvert pour en évaporer l'eau.

On pratique encore cette tradition dans de nombreuses régions rurales du Canada, mais plusieurs érablières ont adopté un système " mécanisé " consistant en un réseau de tubes en plastique rattachés à une pompe aspirante qui amène la sève au four à bois. Mais cette modernisation n'enlève rien au charme de la " lune des sucres ", qui porte en elle l'espoir renaissant du printemps.
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