Guerre de Sept-Ans
Guerre de Sept-Ans
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Le siège et la prise de Québec, 1759 (détail). (Archives nationales du Canada, C-77769)
En 1756, une guerre éclate entre la France et la Grande-Bretagne. En Amérique, les hostilités entre les colons américains et canadiens sont déclenchées depuis déjà deux ans. Cette guerre provoque la chute de la Nouvelle-France.

Mise en situation
Le conflit oppose en Europe la Grande-Bretagne (alliée avec la Prusse et le Hanovre) et la France (supportée par l'Autriche, la Suède, la Saxe, la Russie et l'Espagne). En Amérique et en Asie, les colonies britanniques affrontent les colonies françaises. La Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre se font la guerre pour la possession du territoire et le contrôle du commerce de la fourrure. Bien que distincts, les conflits entre les deux colonies sont directement reliés avec les succès ou les défaites des métropoles.

Résumé du conflit
Bien que la guerre de Sept-Ans débute officiellement en 1756, en Europe, les hostilités sont déclenchées dès 1754 dans la vallée de l'Ohio, en Amérique du Nord, lorsqu'un major de la milice de Virginie, George Washington, se fait prendre dans une embuscade par un petit détachement français, qui est l'élément déclencheur. Dès lors, les deux métropoles dépêchent des troupes, mais l'effort n'est pas le même de chaque côté. Pour la France, la guerre en Europe demeure prioritaire, c'est pourquoi elle n'envoie que peu de troupes. Ensuite, elle considère qu'il est plus important de protéger ses colonies aux Antilles, car la canne à sucre rapporte plus d'argent que la fourrure de la Nouvelle-France. Par contre, la Grande-Bretagne, qui tient à détruire l'empire colonial de la France, transporte plus de 20 000 hommes en Amérique. Il faut dire aussi que les colons américains n'arrivent pas à se défendre contre les colons canadiens qui pratiquent la petite guerre. Pour la Nouvelle-Angleterre, il est impératif d'éliminer la Nouvelle-France et ses alliés autochtones qui l'empêchent d'occuper de nouvelles terres. Très peuplée, la Nouvelle-Angleterre cherche de nouvelles terres qu'elle pourrait occuper et cultiver. Si la guerre se déroule bien pour la Nouvelle-France jusqu'en 1757, le vent tourne ensuite en faveur des troupes britanniques qui remportent plusieurs victoires jusqu'à la Bataille des plaines d'Abraham, en 1759. C'est à ce moment que James Wolfe écrase l'armée du marquis de Montcalm. L'année suivante le gouverneur Vaudreuil proclame officiellement l'acte de capitulation de la Nouvelle-France à Montréal. Mais rien n'est joué, car le résultat final dépend de la victoire, ou de la défaite, de la France. Toutefois, cette dernière est vaincue sur tous les fronts (Antilles, Indes, Europe et Amérique). Cherchant à sauver ses colonies qui lui rapportent le plus, la France laisse aller au Traité de Paris, en 1763, la Nouvelle-France, pour conserver les Antilles. Cette situation déplaît fortement aux Autochtones alliés des Canadiens. Certains d'entre eux s'unissent donc, sous la conduite de Pontiac et tentent de poursuivre la guerre.

Concepts
Nouvelle-France
Colonie de la France qui s'étend sur un vaste territoire en Amérique du Nord. Elle est en rivalité avec la Nouvelle-Angleterre pour le contrôle du commerce de la fourrure et du territoire. Peu peuplée, la politique de la Nouvelle-France se caractérise par la série d'alliances qu'elle a conclue avec les Autochtones.

Nouvelle-Angleterre
Territoire situé en Amérique du Nord appartenant à la Grande-Bretagne. Très peuplée, elle se divise en 13
colonies distinctes qui possèdent chacune leur propre gouvernement. Elles sont en rivalité avec la Nouvelle-France, et la guerre de Sept-Ans est le quatrième conflit auquel se livrent les deux colonies.

Métropole
Pays qui fonde des
colonies sur des territoires étrangers pour ses propres intérêts. La métropole conserve un contrôle plus ou moins étroit sur ses colonies. Elle contrôle son commerce extérieur, son économie, ses relations diplomatiques et ses structures politiques

Colonie
Établissement fondé par une
métropole. La colonie demeure sous sa dépendance et elle ne peut, en aucun temps, entreprendre des actions qui peuvent nuire à la métropole. Ces dernières sont échangeables lors de traités, et ne servent qu'à augmenter la puissance et le prestige de la métropole

Capitulation
Entente par laquelle une place forte, une armée, dépose les armes et se rend à l'ennemi. En contrepartie, l'ennemi s'engage à respecter certains droits et privilèges des vaincus.

Traité
Accord juridique entre deux gouvernements pour établir des règles ou des décisions.

Petite guerre
Tactiques militaires inspirées des Autochtones. Il s'agit, pour des petits groupes armés, de mener des raids éclairs et des escarmouches le long des frontières, et même en territoire ennemi, en attaquant les établissements isolés.

Guerre à l'européenne
Tactiques militaires que l'on retrouve en Europe. Elles consistent à reprendre le siège des places fortes et à mener des combats rangés où de vastes armées disciplinées s'affrontent sur des champs de batailles.

Bataille des plaines d'Abraham
Bataille qui s'est déroulée le 13 septembre 1759, dans les environs de Québec . L'armée britannique de James Wolfe, avec un nombre plus considérable d'hommes, accompagnée de soldats américains, brise l'attaque des troupes françaises du marquis de Montcalm composées de plusieurs miliciens habitués à la
petite guerre, mais peu familiers avec les tactiques d'une guerre à l'européenne.