La Crise d'octobre
La Crise d'octobre
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Dans les années 1960 apparaît au Québec un mouvement de libération nationale qui réclame l'indépendance de la province. Un de ses moyens d'action est le terrorisme. En octobre 1970, un ministre québécois et un diplomate britannique sont enlevés.

CONTEXTE HISTORIQUE
La décennie de 1960 est une période de profonds changements tant sur la scène internationale que sur la scène québécoise. Alors que le Québec se transforme au rythme de la Révolution tranquille, plusieurs pays accèdent à l'indépendance grâce au mouvement de décolonisation. Des groupes socialistes, présent un peu partout dans le monde depuis longtemps, commencent à s'implanter au Québec. Le Québec voit également apparaître, au cours des années 1960, des organisations qui visent à atteindre l'indépendance de la province sans prôner le terrorisme ou le socialisme. Le symbole le plus éloquent de ce mouvement demeure la fondation du Parti québécois.

RÉSUMÉ DU CONFLIT
Le Front de libération du Québec (FLQ) est un mouvement de libération nationale qui est fondé en 1963. Il se donne pour objectif de faire accéder le Québec à l'indépendance en utilisant le terrorisme, s'il le faut. Après avoir fait de nombreux attentats à la bombe, surtout en 1968 et 1969, le FLQ organise l'enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross, le 5 octobre, puis, celui du ministre Pierre Laporte, le 10 octobre 1970. Entre temps, des négociations sont entreprises avec le gouvernement québécois de Robert Bourassa, et le manifeste du FLQ est lu sur les ondes de Radio-Canada le 8 octobre. Devant l'impasse des négociations, le gouvernement québécois demande, le 15 octobre, l'aide de l'armée pour assister la police de Montréal dans ses recherches. Le lendemain, le gouvernement fédéral, dirigé par Pierre-Éliott Trudeau, proclame la Loi sur les mesures de guerre. Les libertés civiles sont alors limitées et les Forces armées canadiennes prennent position dans plusieurs villes au Québec. Pierre Laporte est assassiné dès le lendemain, soit le 17 octobre. Entre 450 et 500 personnes sont ensuite arrêtées sans mandat, la plupart sont des artistes, des syndicalistes, des intellectuels et des gens qui soutiennent le nationalisme québécois. La crise connaît son dénouement au mois de décembre. James Richard Cross est libéré le 3 décembre en échange d'un sauf-conduit à destination de Cuba pour Marc Carbonneau et les autres ravisseurs. Le 28 décembre Paul Rose et ses complices sont arrêtés pour le meurtre de Pierre Laporte.

Concepts
Révolution tranquille
Période qui s'étend de 1960 à 1966 et qui est marquée par des réformes qui modernisent l'État et la société québécoise.

Socialisme
Doctrine sociale qui entend faire valoir les intérêts collectifs avant les intérêts individuels grâce à la planification de l'État qui doit assurer le développement de la société.

Parti québécois
Parti politique, fondé en 1968, et qui propose l'indépendance du Québec assortie d'une union économique avec le reste du Canada.

Nationalisme
Mouvement politique revendiquant pour un peuple les outils (lois, organismes, etc) nécessaires pour contrôler son avenir social, économique et politique.

Terrorisme
Climat de peur qu'une organisation politique tente d'instaurer dans une société pour créer un climat d'insécurité parmi la population. Ces organisations utilisent systématiquement la violence. Le
FLQ est une organisation terroriste.

Front de libération du Québec
Mouvement révolutionnaire qui cherche à obtenir un Québec indépendant et
socialiste. Ce mouvement a utilisé la propagande et la violence pour promouvoir son message. C'est un mouvement de libération nationale qui utilise le terrorisme.

Loi sur les mesures de guerre
Adoptée en 1914, la Loi sur les mesures de guerre confère des pouvoirs d'urgence au gouvernement fédéral lorsqu'il perçoit la menace " d'une guerre, d'une invasion ou d'une
insurrection, réelle ou appréhendée ". Cette loi limite les libertés civiles des citoyens.

Libertés civiles
On inclut, entre autres, dans cette expression, le droit à la protection contre les arrestations, les détentions, les fouilles et les saisies abusives ou arbitraires et le droit à un avocat.

Mouvement de libération nationale
Mouvement politique qui réclame la délivrance d'un pays occupé ou d'un peuple assujetti. Les moyens employés varient de la négociation à l'utilisation de la violence.

Insurrection
Soulèvement qui vise à renverser le pouvoir établi.

Parti québécois
Parti politique, fondé en 1968, et qui propose l'indépendance du Québec assortie d'une union économique avec le reste du Canada.

Pierre Laporte
Homme politique, né en 1921. Il est journaliste pour " Le Devoir ", et correspondant parlementaire, de 1945 à 1961, avant d'être élu député du Parti libéral du Québec à l'Assemblée nationale, en 1961. Il est nommé ministre des Affaires municipales (1962-1966), et ministre des Affaires culturelles (1964-1966). Il se présente comme un des plus farouches adversaires de Maurice Duplessis et de l'Union nationale. En 1970, il se présente à la course à la direction du Parti libéral du Québec pour en devenir le chef, mais il est battu par
Robert Bourassa. Ce dernier le nomme alors ministre de l'Immigration et ministre du Travail. Il est enlevé par le Front de libération du Québec et assassiné au lendemain de l'application de la Loi sur les mesures de guerre. Cet événement contribue à intensifier la crise d'Octobre.

Pierre-Éliott Trudeau
Homme politique, né en 1919, d'un père québécois et d'une mère d'ascendance écossaise. Il entre à l'Université de Montréal en droit en 1940. C'est alors la Deuxième Guerre mondiale et Trudeau, en tant qu'étudiant, doit faire partie du Corps-école d'officiers canadiens, mais il s'oppose à la conscription. Après avoir obtenu son diplôme, en 1943, il poursuit ses études aux États-Unis, en France puis en Grande-Bretagne. De retour au Canada, en 1949, il appuie les syndicats et fonde, avec d'autres intellectuels, la revue Cité libre pour défendre ses idées. En 1965, il est élu député du Parti libéral du Canada, et il est nommé ministre de la Justice deux ans plus tard. Il devient le chef de son parti en 1968, et remporte ensuite les élections grâce à la " trudeaumanie ". Suite à l'enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross, il proclame la
Loi sur les mesures de guerre. Trudeau est un partisan d'un Canada uni et d'un gouvernement fédéral fort.


Marc Carbonneau
Membre du
Front de libération du Québec. Un des principaux responsables de l'enlèvement du diplomate James Richard Cross. Chauffeur de taxi à Montréal, il participe, en 1969, à une manifestation du Mouvement de libération du Taxi. Suite à l'enlèvement, son nom est inscrit sur la liste des 13 personnes les plus recherchées au Canada. Il parvient à obtenir un sauf-conduit pour Cuba du gouvernement du Québec en échange de James Richard Cross. Son exil à Cuba dure de 1970 à 1973, et se poursuit en France, de 1973 à 1981. Il revient ensuite au Canada où il doit subir son procès pour enlèvement et séquestration. En mars 1982, il est condamné à 20 mois de prison et 150 heures de travaux communautaires.

Paul Rose
Chef d'une cellule du
Front de libération du Québec. Né à Montréal en 1943, il fait sa première grève à 12 ans alors qu'il est cueilleur de fraises. En 1966, il est professeur de français et de mathématique, puis éducateur spécialisé auprès de l'enfance inadaptée. Il devient ensuite membre du Rassemblement pour l'indépendance nationale et participe à de nombreuses manifestations, en plus de s'engager dans plusieurs causes. Lors de la crise d'Octobre, il est nommé chef de la cellule Chénier qui est responsable de l'enlèvement de Pierre Laporte. Il est alors inscrit sur la liste des 13 personnes les plus recherchées au Canada. Il est arrêté le 28 décembre, et il est incarcéré pendant deux mois et demi dans une petite cellule du Grand quartier général de la Sûreté du Québec à Montréal. Le 13 mars 1971, Paul Rose est condamné à l'emprisonnement à perpétuité.

James Richard Cross
Diplomate britannique né en Irlande, en 1921. Il est diplômé en sciences économiques et politiques. Il est nommé ensuite lieutenant dans le Corps royal de Génie britannique, de 1944 à 1947. À partir de cette date, il a été le sous-secrétaire et le secrétaire-adjoint au Board of Trade jusqu'en 1953. Il occupe ensuite des postes d'attaché commercial à divers endroits sur la planète. En 1967, il est envoyé à Montréal. Lors de la crise d'Octobre, il est enlevé par
Marc Carbonneau, un membre du Front de libération du Québec.


Robert Bourassa
Homme politique, né en 1933, à Montréal. Il fait des études en droit. Il est élu député du Parti libéral à l'Assemblée nationale, en 1966, puis il est élu chef de son parti, en 1970. Après l'échec des négociations avec le
Front de libération du Québec pour faire libérer James Richard Cross, il demande l'aide de l'armée canadienne. Trudeau proclame, 24 heures plus tard, la Loi sur les mesures de guerre. Malgré la crise, il est réélu lors des élections de 1973.