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L'histoire du baseball au Canada date d'aussi longtemps qu'aux États-Unis, sinon plus. Partout dans les villes et les villages du pays, autant d'amateurs ont manié un bâton de baseball qu'un bâton de hockey. C'est d'ailleurs l'attrait universel de ce sport qui a mené à la création d'une des meilleures équipes de l'histoire du baseball au Canada : les Asahis de Vancouver. Les Japonais qui ont immigré en Colombie-Britannique à la fin du 19e siècle y ont malheureusement trouvé un climat de racisme et d'hostilité à l'égard des Orientaux. C'est avec la ferme intention de s'intégrer à la population majoritairement occidentale de la province que les Japonais se sont installés dans des villages de pêcheurs et de petites municipalités rurales dispersées aux quatre coins de la province, ainsi que dans le quartier entourant Powell Street, à Vancouver. Bientôt, les Japonais et les Canadiens ont découvert qu'ils avaient au moins un point en commun : l'amour du baseball. Et dès que les Canadiens virent la vitesse, l'agilité et la stratégie avec lesquelles jouaient des équipes comme les Nippons et les Asahis, les joueurs japonais eurent la cote auprès des amateurs de baseball à l'échelle de la province. L'équipe des Asahis («soleils levants ») a été formée en 1914. À l'époque, l'équipe jouait contre toutes les équipes qui se présentaient : pompiers et débardeurs, équipes des villes côtières ou de la région intérieure de la C.-B., etc. Le club des Asahis est vite devenu la meilleure équipe de baseball canado-japonaise et a même remporté plusieurs matches lors d'une tournée éclair au Japon en 1921. L'objectif des Asahis était de remporter le championnat de la ligue de Terminal City contre les équipes de joueurs occidentaux plus grands, plus forts et surtout, plus puissants au bâton. Le gérant, Harry Miyasaki, s'était concentré sur les deux talents prédominants de son équipe : la vitesse et un jeu défensif à toute épreuve. Les Asahis, une équipe de stratèges audacieux, savaient exploiter leur rapidité et leur grande discipline. Il n'était pas rare pour eux de faire entrer au marbre un coureur du troisième et même du deuxième but sur un amorti-suicide ! Un des leurs, Junji Ito, a mérité le surnom de « Roi de l'amorti » en obtenant une moyenne au bâton de .400, et ce, même si toutes les équipes adverses savaient qu'il se rendrait au premier but avec un amorti. Roy Yamamura, lui, était connu comme « l'arrêt-court dansant » pour ses spectaculaires jeux sur le terrain. Yamamura, qui mesurait à peine 1,52 m (5 pi), était aussi un excellent coureur sur les sentiers - et tout un voleur de buts : pendant la saison de 1925, il en a dérobé 50 ! Les Asahis ont remporté le championnat de la ligue de Terminal City en 1926. Mais d'abord et avant tout, ils ont mérité le respect de leurs adversaires et l'affection des amateurs de baseball - orientaux et occidentaux. Lorsque les Giants de Tokyo, une des meilleures équipes du Japon, s'est rendue à Vancouver dans le cadre d'une tournée de l'Amérique du Nord en 1935, ils ont affronté les Asahis devant une foule nombreuse et des plus enthousiastes. Malheureusement, le contexte politique mondial et la situation précaire des Canadiens d'origine japonaise sur la côte ouest ont mis fin au succès de l'équipe. Plusieurs joueurs ont été conscrits dans l'armée japonaise alors qu'ils étaient en visite dans leur famille au Japon ou qu'ils tentaient de se trouver du travail pendant les pires années de la Dépression. Le climat tendu qui a sévit avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale étouffait toute tentative de s'amuser et de se distraire, y compris le baseball. Suite à l'attaque de la base navale de Pearl Harbor, le gouvernement canadien a fait interner tous les Canadiens japonais dans des camps en Colombie-Britannique et dans les Prairies. L'équipe des Asahis s'est dissoute et les joueurs se sont éparpillés. En 1972, une réunion des Asahis a permis de rassembler d'anciens joueurs, maintenant relocalisés au Japon, à Toronto, Montréal, Lethbridge, Kapuskasing, Kamloops et ailleurs. Après les événements marquants de la guerre, il est compréhensible - et révélateur -que peu de joueurs soient retournés vivre à Vancouver. Malgré tout, les Asahis et les autres équipes de joueurs canadiens japonais sont reconnus comme des vedettes de la scène sportive de Vancouver avant la guerre. |
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En fait, le Canada a beaucoup contribué au développement du baseball. Dans les années 1850, les équipes de Hamilton, St. Thomas et Woodstock en Ontario jouaient déjà le « New York Game », soit neuf joueurs et trois retraits par manche, qui demeure la norme aujourd'hui. De plus, comme la popularité du sport se répandait autant au sud qu'au nord de la frontière, on retrouvait dans les nouvelles ligues de nombreux joueurs originaires du Canada. Les Maple Leafs de Guelph et les Tecumsehs de London étaient deux des meilleures équipes en Amérique du Nord dans les années 1870. Les Tecumsehs remportèrent d'ailleurs le championnat de l'Association internationale de baseball en 1877. Il faudrait attendre un siècle complet pour qu'une autre équipe canadienne, les Blue Jays de Toronto, remporte un titre des ligues majeures de baseball. Mais les Tecumsehs décidèrent de ne pas se joindre à la Ligue nationale et l'équipe fut démantelée. Plusieurs importants clubs des ligues mineurs ont vu le jour au Canada, y compris les Royaux de Montréal, l'équipe qui a permis à Jackie Robinson de rompre les liens du racisme dans le baseball organisé en 1946. Mais l'histoire du baseball au Canada, c'est aussi l'histoire des équipes régionales, ces symboles de la fierté civique et du sentiment d'appartenance à sa localité. Ce sentiment, ainsi que la grande ferveur des Québécois à l'égard du baseball, expliquent la popularité immédiate des Expos de Montréal dès la formation de l'équipe. Plus à l'ouest, à la Rivière Rouge, on jouait dès les années 1840 à un jeu primitif précurseur du baseball et appelé simplement « bâton ». Dès le début du 20e siècle, des équipes professionnelles de Winnipeg à Edmonton pouvaient compter sur l'appui de leurs partisans dévoués. À l'époque de la ruée vers l'or au Yukon, la GRC devait même se tenir prête à intervenir pour contenir les esprits échauffés par les luttes que se livraient les équipes de prospecteurs. Et lorsque les joueurs de Whitehorse ont remporté la victoire sur les Nine de Skagway, en Alaska, ils ont également remporté le championnat de baseball le plus septentrional du continent. Malgré les apparences, le baseball n'est pas un sport uniquement réservé aux hommes : les femmes ont aussi joué au baseball et pour le plaisir, et pour l'argent. Peu scrupuleux, les promoteurs misaient souvent sur le charme des joueuses pour attirer les spectateurs, affublant les équipes de noms comme « Slapsie Maxie's Curvaceous Cuties » (« Les belles toutes en courbes de Slapsie Maxie »). Pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors que plusieurs des joueurs des ligues majeures étaient en service dans l'armée, des promoteurs américains ont eu l'idée de créer une ligue exclusivement formée d'équipes féminines - la « All-American Girls' Baseball League » - qui fit plus tard l'objet d'un long métrage intitulé « A League of Their Own ». À une certaine époque, près du quart des joueuses de la ligue venait du Canada, la plupart des Prairies. Une des meilleures joueuses canadiennes, Mary Baker, a joué le rôle de receveur et de gérante de son équipe, les Kalamazoo Lassies. Baker qui a aussi été mannequin et porte-parole de l'équipe dans diverses publicités et émissions de radio, a servi d'inspiration au personnage interprété par Geena Davis dans le long métrage. Pour de nombreux amateurs de baseball,
un des moments les plus enlevants de l'histoire récente du baseball
au Canada est le coup de circuit claqué par Joe Carter des Blue
Jays dans la neuvième manche du match décisif des Séries
Mondiales en 1994. Mais il ne s'agit que d'un moment dans l'histoire du
baseball canadien, où les joueurs remarquables, les équipes
spectaculaires et les parties mémorables font légion. |