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Howarth Morenz, de Stratford, en Ontario, a attiré l'attention des équipes de la Ligue nationale de hockey à la fin de l'adolescence. En 1923, c'est à contrecoeur qu'il accepta de quitter sa famille et de se joindre aux Canadiens de Montréal, où il devint rapidement un des favoris des partisans de Montréal. Pendant sa carrière avec les Canadiens, ceux-ci ont remporté cinq championnats de la Ligue et trois Coupes Stanley (en 1924, 1930 et 1931). Meilleur compteur de la LNH en 1928-29 et en 1930-31, il a remporté le Trophée Hart (joueur le plus utile) en 1928, 1931 et 1932. Mais tous ces honneurs ne révèlent pas à quel point Howie Morenz excellait au hockey. King Clancy, lui-même un joueur légendaire avant de devenir arbitre puis gérant, a déjà dit de Morenz qu'il était « le meilleur joueur que j'aie jamais vu». Selon Clancy, « Morenz était le meilleur de son époque, le meilleur adversaire que j'aie jamais affronté, et le meilleur que j'aie vu de toute ma vie. Personne ne décollait et ne patinait aussi vite que lui; il pouvait partir sur un dix cents et vous laisser cinq cents au change! Et il pouvait frapper la rondelle aussi fort que n'importe quel autre joueur de la LNH. » En 1934, après 11 excellentes saisons à Montréal, Morenz et ses partisans ont été consternés d'apprendre que le joueur vedette était échangé à Chicago. Comme Morenz commençait à prendre de l'âge et à ralentir sur la patinoire, le club expliqua l'échange en disant vouloir éviter à Morenz, reconnu pour sa grande sensibilité, de décevoir les partisans de Montréal. Quoi qu'il en soit, Morenz fut malheureux comme les pierres à Chicago, et encore plus misérable lorsqu'on l'envoya à New York. Heureusement, le Canadien racheta son contrat et Morenz fit un retour fort attendu à Montréal. C'est par un soir de janvier 1937, pendant une partie contre Boston, que la tragédie frappa le grand hockeyeur. Le romancier Hugh MacLennan, qui assistait au match au Forum, se souvient de l'entrain avec lequel jouait Morenz, et de l'accident qui y mit fin si brutalement. « Il jouait merveilleusement bien ce soir-là, et le petit sourire qu'il arborait nous montrait qu'il s'amusait ferme. Soudain, il s'est rué dans le coin de la patinoire à la poursuite de la rondelle, confiant de pouvoir se retourner sur un dix sous et de repartir avec la rondelle. Mais cette fois, la pointe de son patin est restée coincée dans la bande. Un défenseur, « Big » Earl Siebert, a trébuché sur la jambe en extension de Morenz, la brisant d'un coup sec. La tête de Morenz s'est fracassée sur la glace avec un craquement qui a fait frémir la foule. On a dû le sortir de la patinoire sur une civière. » Morenz passa les six semaines suivantes cloué dans un lit d'hôpital, immobile et déprimé. Ce hockeyeur qui avait consacré sa vie au sport confia à un de ses coéquipiers qu'il mourrait s'il ne pouvait plus jouer au hockey. Ses paroles se sont malheureusement concrétisées : quelques jours plus tard, Howie Morenz rendait l'âme. Sidérés, les Montréalais disaient qu'il était mort d'un coeur brisé. Quelque 40 000 partisans lui rendirent un dernier hommage alors qu'il reposait en chapelle ardente au centre de la glace du Forum de Montréal. Plusieurs années plus tard, le journaliste sportif Jim Coleman a présenté Morenz à une nouvelle génération d'amateurs de hockey en écrivant : « Morenz était un chevalier sombre et séduisant, fait à partir du meilleur acier trempé de Toledo. Quand il s'emparait de la rondelle, contournait son propre filet puis filait vers le but adverse, il vous soulevait littéralement de votre siège. Son coup de patin était si léger qu'il semblait voler à quelques pouces de la surface de la glace. » Et quand Morenz déjouait les défenseurs adverses et s'échappait au centre de la glace, les partisans de Montréal se mettaient à scander leur cri de guerre : « Les Canadiens, les Canadiens sont là ! » |
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Les origines du hockey, à l'instar de la plupart des jeux, sont vagues. Il semble toutefois que les premiers règlements de l'ère moderne aient été formulés par des étudiants de l'Université McGill et complétés dans des villes universitaires comme Kingston et Halifax. À ses débuts, le hockey était un mélange de crosse et de rugby qu'on jouait sur la glace. Il était interdit de faire de passes avant et de soulever la rondelle. Le jeu n'était pas très excitant à regarder, mais les joueurs de rugby et de crosse s'y adonnaient pour se désennuyer l'hiver. C'est le système des championnats qui a fait connaître et apprécier le hockey. D'abord, le trophée de l'Association de hockey amateur du Canada, puis la Coupe Stanley, ont créé des rivalités toutes naturelles entre les équipes et les villes. À Montréal et à Winnipeg, les partisans se pressaient à l'extérieur des bureaux de télégraphie pour lire les descriptions des parties et des performances de leurs héros locaux. Lorsque les journaux ont commencé à couvrir les matchs, des joueurs comme Cyclone Taylor et Lester Patrick sont devenus des vedettes pour des milliers de Canadiens qui n'auraient jamais l'occasion ni de les voir jouer, ni même d'entendre une partie à la radio. Les ligues industrielles ont aussi aidé à propulser le sport. En effet, des propriétaires de mines dans des endroits comme Kirkland Lake ont découvert qu'ils pouvaient rassembler de bons joueurs locaux, leur donner quelques sous, puis attirer des milliers de spectateurs. Pendant l'essor minier des années 1902 à 1910, ces ligues industrielles connurent beaucoup de succès. Pendant ce temps, les règlements évoluaient, rendant le jeu plus vite, plus rude et plus excitant. Des ligues professionnelles se formèrent un peu partout au pays. Le jeu posé et lent des collégiens de bonne famille s'endurcit considérablement au contact des bagarreurs issus des camps de bûcherons du Québec, des fermes de la Saskatchewan et des ranchs de l'Alberta. Avec le développement de la Ligue nationale de hockey, formée en 1917, la popularité du sport canadien - et des joueurs canadiens - s'étendit au-delà de la frontière canado-américaine. L'éternelle rivalité entre Toronto et Montréal, et dans les années de gloire de Gordie Howe et de Maurice Richard, entre Détroit et Montréal, attira de plus en plus de fidèles partisans et de vrais mordus du hockey. Il serait tentant de mettre un peu de dorure sur les années qui ont précédé l'expansion de la LNH, et la découverte du hockey par le reste du monde. Mais l'électrisante série Canada-Russie en 1972 a clairement démontré que le hockey international pouvait créer le même engouement et la même loyauté chez les partisans que le hockey « domestique ». Par ailleurs, on ne peut passer sous silence la domination des Canadiennes dans l'histoire du hockey féminin au fil des ans. En effet, les joueuses canadiennes remportent systématiquement un titre international après l'autre, n'ayant enregistré qu'une seule (mais combien cuisante!) défaite au profit de l'équipe américaine aux Jeux Olympiques de 1998. Tout en regardant les femmes remporter,
année après année, les différents championnats,
les amateurs de hockey canadiens se souviennent avec fierté que
le hockey demeure la plus importante contribution du Canada au monde du
sport, et que certains de ses plus illustres joueurs, homme et femme,
proviennent encore et toujours des villes et des villages voisins. |