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ne des parties de crosse les plus célèbres de l'histoire de ce sport a opposé le Club de crosse de Montréal et les Indiens de Caughnawaga. Cette partie avait été organisée pour
divertir le Prince de Galles lors d'une visite au Canada en 1842.
Pour comprendre l'importance et la signification de cet événement, il faut savoir qu'il s'agissait de la première partie entre les amérindiens et les blancs depuis plusieurs
années. En effet, de tels affrontements, même amicaux, étaient interdits depuis un incident remontant à près de 80 ans.
Cet incident avait eu lieu en 1763, lorsque la tribu Ojibway s'était servie d'une partie de crosse comme prétexte pour pénétrer dans le Fort Michilimackinac. Une fois entrés, les Indiens avaient massacré un groupe de soldats anglais et capturé le fort. Pendant près d'un siècle après le massacre, seuls les amérindiens ont joué à la crosse au Canada. La
partie organisée pour le Prince de Galles était donc particulièrement attrayante justement parce qu'elle était à la fois excitante et controversée. Et personne ne s'offusquait du fait qu'on se disputerait la partie uniquement pour le spectacle.
Les gens voulaient un spectacle, et c'est précisément ce qu'ils obtinrent. Le Prince regarda les matchs à partir d'un trône érigé au beau milieu de wigwams fourmillant d'enfants amérindiens qui encourageaient bruyamment les leurs. La démonstration commença par une partie entre deux équipes amérindiennes. Mais le Prince interrompit le match en demandant que s'affrontent des indiens et des blancs. L'équipe amérindienne
fit son entrée dans l'arène vêtue de collants et de plumes, et arborant de la peinture au visage. On joua trois parties : les deux premières furent remportées par les amérindiens,
puis après une étrange dispute pendant la troisième partie, celle-ci fut automatiquement accordée à l'équipe des blancs.
Suite à cette démonstration, des équipes d'amérindiens furent emmenées en Europe pour aller y distraire divers monarques. Lors d'une de ces expéditions, une équipe
d'indiens de Caughnawaga se rendit en Angleterre pour y disputer un match devant la Reine Victoria. Ces parties « exportées » devinrent plutôt populaires, notamment dans les villes et les comtés de Bristol, Cheshire, Lancashire, Londres, Manchester et Yorkshire, et menèrent éventuellement à la création de la English Lacrosse Union en 1892.
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ans les diverses tribus des Premières Nations, on jouait à des versions différentes de ce qu'on englobe sous le nom de « la crosse ». Les Iroquois appelaient leur version du jeu « baggataway, » alors que les Cherokees parlaient du « petit frère de la guerre » (parce qu'ils considéraient le jeu un bon entraînement pour la guerre). Quel que soit son nom, le « jeu » opposait deux équipes comptant chacune des centaines, voire des milliers de joueurs, et souvent composée de tous les habitants d'un village ou d'une tribu. Les zones de but étaient souvent à des kilomètres de distance l'une de l'autre, et une partie pouvait
durer jusqu'à trois jours. Comme la plupart des joueurs n'arrivaient jamais à s'approcher de la balle, ils se contentaient de manier le bâton pour blesser leurs adversaires. Et comme on faisait régulièrement des gageures sur l'issue des parties entre tribus, le résultat d'un match pouvait rehausser - ou réduire - la fortune d'une tribu.
Selon la plupart des récits de l'époque, les premiers Européens à assister à une partie de crosse étaient des explorateurs français. Ils trouvaient que le bâton ressemblait à une crosse d'évêque, d'où le nom « la crosse » attribué au sport.
La première étape visant à transformer le jeu de la crosse en sport organisé eut lieu lorsque le Club de crosse de Montréal, fondé en 1856, rédigea les premiers règlements écrits.
En 1867, George Beers, aujourd'hui connu comme « le père de la crosse », révisa ces règlements en attribuant des noms précis aux positions des joueurs. Il remplaça aussi la
balle formée de fourrure de daim recouverte de peau tannée par une balle en caoutchouc dur, et dessina un bâton plus efficace pour attraper et lancer la balle avec davantage de précision. Un nationaliste canadien endurci, Beers voyait dans le jeu de la crosse une façon de promouvoir la bonne forme physique et la bravoure chez les jeunes hommes de
la nouvelle nation. Dans les années 1800, la crosse a même été reconnue sport d'été officiel du Canada. C'est Beers, agissant en promoteur dévoué qu'il était, qui a contribué à répandre le mythe - qui perdure encore de nos jours - que la crosse est le sport national du Canada.
On peut retracer ce mythe entourant la crosse jusqu'en 1889, année où sa popularité a atteint un tel sommet que les gens étaient convaincus qu'il s'agissait de notre sport national. La crosse avait connu une croissance soutenue tout au long des années 1880,
faisant des adeptes d'un océan à l'autre et en 1900, ce sport semblait bien ancré dans le c¦ur des Canadiens. Mais un ensemble de circonstances contribuèrent bientôt à son
déclin : d'autres sports obtenaient davantage d'appui des milieux universitaires; la réputation de la crosse comme étant trop rude, voire sauvage, ternissait son image; l'absence de leadership à l'échelle nationale se faisait sentir; les conditions climatiques
imprévisibles dans plusieurs régions du pays le rendaient difficile à pratiquer; les journalistes sportifs commençaient à s'intéresser d'avantage au baseball, un nouveau jeu plus prestigieux en provenance des États-Unis, etc. Quand l'intérêt à l'égard de la crosse a commencé à s'effriter, les commanditaires se sont désistés au profit de sports plus rentables comme le rugby, le hockey et le football. Le nombre d'équipes est passé à quatre seulement, et même si on se contenta de cette solution de rechange pendant un moment, même les plus fervents amateurs se désintéressèrent éventuellement. Au début de la Première Guerre mondiale, la crosse était à toutes fins pratiques un sport en voie
de disparition. En dépit d'un certain regain de popularité au cours des ans, le sport ne s'est jamais complètement rétabli.
Aujourd'hui, on joue à la crosse
surtout sur la côte Ouest et en Ontario, où l'on dénombre
encore plusieurs versions différentes du jeu. Même si les
bases et le but du jeu demeurent sensiblement les mêmes dans toutes
les versions, le jeu masculin est différent du jeu féminin,
et le jeu intérieur du jeu extérieur. Plusieurs autres éléments
distinguent aussi les différentes versions : le nombre de joueurs,
le type de bâton utilisé, la disposition du terrain et des
limites, pour ne nommer que ceux-là.
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