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Extra!Extra! L es sports comblent chez nous un besoin élémentaire de prouver qui est le plus rapide, le plus fort, le plus agile. S'il est vrai que la plupart des athlètes poursuivent la victoire aux dépens de leur confort et parfois, de leur sécurité, les sports où les athlètes doivent mettre leur vie en péril pour se hisser au sommet sont plutôt rares. Ce facteur de risque est l'un des attraits de la course automobile. En effet, les spectateurs qui assistent à un Grand Prix de Formule 1 ou à une épreuve de la série Indycar savent très bien que les pilotes qui roulent en trombe, atteignant des vitesses de plus de 300 kilomètres à l'heure, tiennent entre leurs mains non seulement le volant de leur bolide, mais également, leur propre vie. Pour ces pilotes, gagner signifie prendre les plus grands risques, pousser la voiture jusqu'à ses limites, voire au-delà, et défier les autres coureurs à suivre dans leur sillage.

Au cours de sa brève existence, Gilles Villeneuve a su gagner l'admiration du monde de la course automobile avec son style exubérant. Aujourd'hui, son fils Jacques a encore une fois inscrit le nom «Villeneuve» sur la courte liste des meilleurs pilotes du monde.

Gilles Villeneuve, de Berthierville, au Québec, commence sa carrière de pilote de façon purement canadienne : au volant d'une motoneige ! En 1971, il remporte le Championnat de course de motoneige d'Amérique du Nord, suivi du Championnat québécois en 1972 et du Championnat canadien en 1973. Mais c'est la course automobile qui attire Gilles et il y investit toutes les bourses qu'il remporte sur la neige. En 1973, il gagne le championnat québécois de Formule Ford, ce qui lui permet d'accéder à la Formule Atlantique (FA). Malheureusement, une jambe cassée lors de sa première course à Mosport, en Ontario, le ralentit momentanément. En 1975, il repart en trombe et termine au 5e rang du classement de la FA. L'année suivante, il gagne 9 courses sur 10, dominant sans conteste toutes les épreuves canadiennes et américaines de FA.

En 1977, le succès soutenu de Gilles Villeneuve en Formule Atlantique confirme qu'il figure parmi les meilleurs jeunes pilotes au monde, et lui vaut une invitation à se joindre à la célèbre équipe Ferrari sur le circuit de la Formule 1. C'est aux commandes de la légendaire voiture rouge, et devant une foule déchaînée, que Villeneuve remporte son premier Grand Prix lors du Grand Prix du Canada à Montréal en 1978.

Les années suivantes, Gilles Villeneuve continue à épater les foules avec ses audacieux dérapages contrôlés, et à les impressionner avec son esprit sportif. Sa plus grande victoire demeure sans doute le joyau de la couronne de la course automobile, le Grand Prix de Monaco, en 1981. Comme l'a remarqué un amateur : « Il pilotait une Formule 1 de Ferrari exactement comme une voiture de course est conçue pour être pilotée ! Et tous ses admirateurs l'adoraient pour ça. « Il est nommé Sportif canadien de l'année et Membre de l'Ordre du Canada.

Puis, lors de la séance de qualification du Grand Prix de Belgique, en mai 1982, Villeneuve heurte une autre voiture alors qu'il roule à 250 km/h. Gilles Villeneuve meurt au volant de sa F1. Il a 32 ans.

Jacques Villeneuve n'avait que 11 ans lorsque son père est mort, mais déjà, il savait qu'il voulait piloter lui aussi. En 1986, il commence à s'entraîner au Canada, puis déménage à Monte Carlo - où la famille Villeneuve a vécu pendant les années de gloire de Gilles - afin de commencer les compétitions. Les attentes que crée son nom dans le monde de la course automobile exercent une grande pression sur ses jeunes épaules, mais Jacques progresse, passant de la formule Touring à la Formule 3, puis à la Formule Atlantique. En 1993, on le nomme Recrue de l'année en Formule Atlantique.

C'est en entamant le tour suivant dans sa carrière - au volant d'une voiture de série Indycar - que Jacques Villeneuve est catapulté sur la scène mondiale. En 1994, il termine la célèbre course du Indianapolis 500 sur la deuxième marche du podium, et est nommé Recrue de l'année de la série mondiale PPG Indycar. En 1995, il épate le monde de la course automobile en remportant les 500 milles d'Indianapolis - en dépit d'une pénalité de deux tours (5 miles) ! (On dira qu'il a gagné le premier Indy 505 !) Il continue de ravir ses admirateurs en remportant victoire après victoire tout au long de la saison 1995, et en devenant le plus jeune pilote, et le premier Canadien, à être couronné Champion 1995 de la série mondiale PPG Indycar. Il termine l'année en beauté en recevant le Trophée Lou Marsh de l'Athlète canadien de l'année.

En 1996, Jacques Villeneuve suit les traces de son père, qui le mènent aux circuits de la Formule 1. Il ne lui aura fallu que deux ans en série Indycar avant d'accéder à la Formule 1. Pendant sa seconde saison de FI, en 1997, les nombreuses victoires, les fins de course enlevantes et la compétitivité soutenue de Jacques Villeneuve lui permettent de décrocher le titre de Champion du monde des conducteurs de Formule 1, et encore une fois, celui d'Athlète canadien de l'année.

Loin d'éclipser le souvenir de son père, le succès de Jacques aide à préserver le souvenir collectif de la brillante carrière de Gilles Villeneuve. Ensemble, le père et le fils laissent un héritage unique au monde de la course automobile.




Thrill of the Race

L 'engouement populaire pour la course automobile est un phénomène assez récent au Canada, que l'on peut attribuer en grande partie aux Villeneuve : Gilles Villeneuve a éveillé l'intérêt collectif à l'égard de ce sport et les performances triomphales de Jacques continuent à attirer l'attention du public. Par ailleurs, les épreuves de la série Indycar à Toronto et à Vancouver sont d'excellentes occasions pour nous de suivre la carrière d'autres grands pilotes canadiens comme Scott Goodyear et Paul Tracy.

Avant que les automobiles n'envahissent les routes, le cyclisme était non seulement un loisir populaire, mais également, un sport de compétition au Canada. En effet, la fin du 19e siècle a été «l'âge d'or» du cyclisme, une période où les hommes et les femmes ont adopté le vélo pour se déplacer - et pour s'amuser. Le vélo est même reconnu comme l'un des éléments ayant aidé les femmes dans leur lutte pour l'émancipation : elles auraient trouvé dans le vélo non seulement un moyen de se libérer des vêtements contraignants de l'époque, mais aussi, un moyen d'affirmer leur liberté et leur indépendance.

La folie du vélo a vite mené à l'organisation de courses. La course sur route Dunlop à Toronto a été un événement annuel très populaire de 1894 à 1926. Montréal, pour sa part, a été l'hôte du Championnat international de cyclisme de 1899. De nombreux cyclistes canadiens se sont détachés du peloton ces années-là : au début du siècle, Burns Pierce et les frères Butler, Tom et Nat, tous trois de Nouvelle-Écosse, ont donné d'excellentes performances sur l'épuisant circuit américain. En plus d'être physiquement exigeant, le sport pouvait aussi être fort dangereux. À preuve, Archi McEachern, de l'Ontario, et Urban McDonald, de Terre-Neuve, ont tous deux péri dans des accidents distincts de course sur piste.

Pendant les années 1920 et 1930, William «Torchy» Peden, de Victoria, est devenu une vedette des populaires courses sur route de 6 jours. Le record de ce rouquin dégingandé - 38 victoires - est demeuré intact jusqu'en 1965. Dans les années 1930, le Montréalais Pierre Gachon est aussi devenu le premier Canadien à participer à la course des courses cyclistes, le Tour de France.

L'automobile, de plus en plus populaire, a graduellement supplanté le vélo comme moyen de transport, de récréation et de compétition en Amérique du Nord, et ce, jusque dans les années 1970. À cette époque, une nouvelle préoccupation à l'égard de l'environnement, jumelée à un véritable engouement pour la forme physique, ont rendu le cyclisme attrayant de nouveau. Jocelyn Lovell, dont les performances à la fin des années 1960 et pendant les années 1970 ont redoré le blason de la course à vélo, a inspiré de nombreux cyclistes, dont Karen Strong, Sylvia Burka, Gord Singleton, Steve Bauer, Curt Harnett et Alex Stieda - qui ont tous connu du succès sur la scène internationale.

Aujourd'hui, le cyclisme n'est pas une activité réservée aux enfants - loin de là ! Les courses sur piste et sur route demeurent populaires et grâce à une toute nouvelle génération de vélos - les vélos de montagne - on peut même se griser de vitesse et de sensations fortes en dehors des sentiers battus.

Même sommaire, aucun aperçu du monde de la course au Canada ne saurait omettre la course hippique. Les Canadiens ont toujours aimé la course de chevaux, qu'il s'agisse de courses de trotteurs attelés popularisées dans les campagnes, ou encore, de courses de pur-sang sur piste ovale. La course Queen's Plate, organisée pour la première fois en 1860, demeure la plus ancienne épreuve hippique a être disputée sans interruption en Amérique. Elle devance même de 15 ans le célèbre Kentucky Derby.

On ne peut parler de courses à chevaux au Canada sans souligner la contribution incroyable de Northern Dancer, le vainqueur du Kentucky Derby et du Queen's Plate, et l'étalon le plus prolifique de l'histoire. Plusieurs des meilleurs pur-sang qui courent aujourd'hui partout au monde sont des dignes descendants de Northern Dancer. Lorsqu'il est mort, ce splendide étalon avait engendré 635 rejetons, appelés «foals», dont 467 avaient remporté des courses, et 150 avaient gagné des épreuves majeures. Voilà le genre de statistiques qu'aucune autre discipline sportive ne permet d'égaler !