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Selon la légende populaire, Ned aurait commencé sa carrière de rameur en traversant illicitement le Lac Ontario avec des embarcations chargées d'alcool de contrebande pour alimenter le bar qu'exploitait son père. À l'âge de 20 ans, Ned a remporté le Championnat d'aviron à un rameur de l'Ontario. Mais ce n'est qu'en gagnant la Centennial Regatta à Philadelphie en 1876, qu'il est devenu un héros dans sa ville natale. Le séduisant jeune homme n'a pas tardé à s'entourer de partisans qui veillaient à ce les courses auxquelles il participait lui méritent des bourses intéressantes. Il ne les a pas déçus, remportant course après course contre les meilleurs rameurs en Amérique du Nord. Puis, en mai 1879, il a affronté et vaincu les meilleurs rameurs d'Europe à Newcastle-Upon-Tyne, en Angleterre. Les paris placés sur les différentes épreuves contribuaient beaucoup à la popularité de l'aviron et Hanlan avait le don d'attirer non seulement de grandes foules, mais aussi, de grands parieurs. Dans ce contexte, il était plus prudent que la victoire ne semble pas trop facile à remporter. C'est pourquoi Hanlan gagnait rarement une course en laissant ses concurrents loin derrière. Il se retenait pour que les courses semblent serrées, et, dans les séries de type « deux courses sur trois », il perdait habituellement une course pour que la cote ne soit pas trop en sa faveur. C'est lorsque la compétition était vraiment serrée que Hanlan était à son meilleur. En 1880, par exemple, il a affronté l'Australien Edward A. Trickett pour le Championnat mondial d'aviron à un rameur sur le Thames, en Angleterre. Malheureusement pour lui, l'Australien n'était pas de taille. Pendant la course, Hanlan a conquis la foule en lui soufflant des baisers et en s'arrêtant pour jaser avec les spectateurs, en s'essuyant le front et en faisant semblant de se rafraîchir avec un éventail ! Vers la fin de la course, il s'est affaissé sur ses avirons, l'air complètement épuisé. Lorsque Trickett l'a rattrapé, Hanlan s'est redressé, a fait un large sourire à la foule déchaînée, et s'est propulsé facilement vers la victoire, en alternant les coups d'aviron ! Il avait probablement insulté son adversaire et violé toutes les règles d'esprit sportif d'Angleterre - mais la foule adorait son impertinence et sa désinvolture. Hanlan a défendu son titre de champion du monde à six reprises. Lorsqu'il l'a finalement perdu en 1886, il a continué à participer à divers défis sportifs et démonstrations d'aviron acrobatique. Au total, il a remporté plus de 300 courses en carrière ! Un diplomate étranger a déjà dit de Hanlan que « ses victoires ont fait davantage que toutes les campagnes publicitaires et les agents d'immigration réunis pour faire connaître la position et la puissance du Dominion du Canada. » Aujourd'hui, une statue du « Boy in Blue » surplombe le Lac Ontario sur le site de l'Exposition nationale canadienne, non loin de l'emplacement du bar de son père, où il aurait commencé sa carrière de rameur. |
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![]() À leur arrivée, les Quatre de Saint-Jean ne payaient pas de mine parmi les élégants Européens. Affublés de maillots couleur chair, de pantalons sombres, de bretelles de cuir et de bonnets roses, ils formaient tout un contraste aux côtés de leurs rivaux tirés à quatre épingles. Par ailleurs, leur embarcation verte d'allure pataude, décrite dans la presse anglaise comme un « curieux outrigger démodé », pesait au moins cinquante kilos de plus que les embarcations européennes aérodynamiques. Même la façon de ramer des Canadiens constituait une entorse à la tradition : leur style peu orthodoxe faisait presque exclusivement appel à la force des bras et à des coups d'aviron courts et saccadés. Et, pour comble, cette équipe sans barreur pour crier les instructions et diriger le bateau préférait utiliser un gouvernail commandé par les pieds ! On a ri d'eux comme d'une drôle d'invention. Mais comme toute bonne histoire sportive, les rustres du Nouveau-Brunswick humilièrent leurs arrogants rivaux. Imaginez l'étonnement de la foule lorsqu'elle vit les quatre rameurs de Saint-Jean remporter la première épreuve le plus facilement du monde. Un membre de l'équipage, George Price, osa même lâcher les avirons pour saluer la foule pendant que l'embarcation traversait la ligne d'arrivée. Lors de la deuxième épreuve, malgré la force que leur donnait leur désir de vengeance, les Européens subirent une défaite encore plus cuisante aux mains des Canadiens qui les distancèrent par trois pleines longueurs. À partir de ce jour, on ne parla plus que de l'Équipe de Paris, et ses membres passèrent à l'histoire à titre de premiers champions internationaux à représenter le Canada. Les provinces de l'Atlantique ont donné au Canada une autre grande légende sportive dont nous nous souvenons chaque fois que nous regardons une pièce de dix sous. L'élégante goélette gravée à l'endos de cette pièce est le Bluenose, la plus rapide des goélettes de pêche, et sans doute le voilier de course le plus rapide de tous les temps. |
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La première course fut disputée en 1920 entre des goélettes de pêche de la Nouvelle-Écosse et des goélettes de Gloucester, au Massachusetts - dont plusieurs étaient d'ailleurs commandées par des Néo-Écossais. En voyant une goélette américaine remporter la victoire, le sénateur Dennis et ses riches amis de Halifax résolurent de construire une goélette qui allait battre les Américains, et de confier l'embarcation au capitaine Angus Walters, de Lunenburg. Le concepteur de yacht William Roué dessina les plans et lors de son lancement en 1921, la goélette était, de l'avis de tous, une véritable merveille. Pour l'œil averti, le Bluenose présentait quelques caractéristiques distinctives - notamment quelques centimètres de plus à la ligne de flottaison - mais on ne sut jamais vraiment d'où lui venait sa vitesse exceptionnelle.
Selon les règles de la compétition, et en raison du contexte économique, le Bluenose devait travailler pendant une saison complète sur les Grands Bancs. Cette année-là, et
celles qui suivirent, la goélette démontra sa valeur comme bateau de pêche : en 1923, elle rapporta une prise record de 646 000 livres (plus de 293 020 kg) de poissons !
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Mais c'est sa performance en course qui rendit le Bluenose célèbre. Lors de sa première épreuve du Fisherman's Trophy en 1921, la goélette remporta facilement la première des deux courses. La goélette américaine avait perdu son mât de hune et Walters abaissa galamment son spi, mais termina tout de même la course avec une bonne avance. Quand le Bluenose traversa la ligne d'arrivée avec une avance de trois milles lors de la course décisive, la nouvelle se répandit à la vitesse de l'éclair et on célébra sa victoire d'un océan à l'autre. L'année suivante, la goélette conserva le trophée, mais en 1923, la course fut marquée par une collision, suivie de protestations et de controverse et aucun des deux pays n'accepta le trophée. Les années passèrent. En 1930, la Thomas Lipton Tea Company proposa d'organiser une course entre le Bluenose et le Gertrude L. Thiebaud, la nouvelle coqueluche américaine. Walters accepta, mais à contrecœur : le Bluenose n'était pas en état de courser. Il essuya sa première défaite. Les Canadiens, qui croyaient la goélette invincible, étaient en état de choc. Un an plus tard, les deux goélettes s'affrontèrent de nouveau. Cette fois-ci, cependant, le trophée était en jeu. Le Bluenose se montra à la hauteur du défi, remportant facilement les deux courses. Le Bluenose était maintenant reconnu comme un symbole du Canada. En 1935, la goélette se rendit jusqu'en Angleterre pour représenter le Canada lors du 25e anniversaire du règne de George V. Sur le chemin du retour, le Bluenose rencontra la pire tempête de son existence. La goélette se coucha sur le côté pendant cinq bonnes minutes, puis se redressa d'une forte secousse. Le Bluenose, déjà légendaire, pouvait maintenant ajouter la résurrection à la liste de ses exploits ! En 1937, le Bluenose fut reproduit sur la pièce de dix cents canadien et s'y trouve encore aujourd'hui. Sa dernière heure de gloire sonna en 1938 alors qu'il se mesurait au Gertrude L. Thiebaud dans une compétition de cinq courses pour le Fisherman's Trophy. Après quatre courses serrées, le pointage était de 2 à 2. Le Bluenose avait subi des dommages pendant l'exténuante course de 64 km (40 miles) , et paraissait son âge. Rendu au dernier jalon de l'épreuve décisive, le capitaine Walters implora sa vieille compagne : « Une dernière fois, ma vieille ! ». Le Bluenose exauça sa prière, et remporta la course avec une avance de trois minutes. Sa vitesse moyenne de 14,15 noeuds est la plus rapide jamais réalisée par une goélette sur un parcours balisé ! Malheureusement, le Bluenose connut une
fin tragique en frappant un récif dans la mer des Caraïbes
pendant la Deuxième Guerre mondiale. On ne retrouva jamais un seul
éclat de l'épave. Et même si une reproduction, le
Bluenose II, est toujours à flot dans le port de Lunenburg, en
Nouvelle-Écosse, l'époque des grandes courses de goélettes
et des pêcheries de morue qui les virent naître, sont malheureusement
révolues à jamais. |
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