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ouis Rubenstein était un athlète multidisciplinaire qui s'était démarqué en athlétisme, en cyclisme, en course automobile, en aviron, en canoë et... sur des
allées de quilles. Malgré ses aptitudes pour tous ces sports, c'est en patinage artistique qu'il excellait. À 17 ans, il était couronné champion municipal, puis à 23 ans, champion canadien et premier champion du monde reconnu en patinage artistique. À l'époque, les compétitions étaient des épreuves de précision et de grâce où les patineurs devaient retracer avec leurs patins des figures dessinées sur la glace. Rubenstein exécutait ces mouvements avec une telle fluidité qu'un journal d'Ottawa l'avait surnommé « Le roi de la glace ».
En 1890, Rubenstein entendu dire qu'un championnat de patinage aurait lieu à Saint-Petersbourg, en Russie. En deux temps trois mouvements, ses concitoyens montréalais recueillirent les fonds nécessaires pour l'y envoyer. Rubenstein partit donc pour la Russie confiant de ses aptitudes, mais un peu inquiet de l'accueil que la Russie tsariste réserverait à un juif. Peu après son arrivée, les policiers russes le sommèrent de quitter le pays dans les 24 heures. Ce n'est qu'avec l'aide de l'ambassadeur britannique que Rubenstein put rester et participer à la compétition, sans autres menaces de déportation ou d'emprisonnement.
Rubenstein triompha. En dépit de l'accueil glacial qu'il avait reçu, et du fait que la compétition comprenait les « acrobaties » qu'il détestait, sa performance fut superbe. Les spectateurs qui l'ont vu tracer la même figure quatre fois sur la glace sans jamais brouiller le tracé original restèrent bouche bée. Sa performance fut tellement supérieure à celle des autres patineurs que même les juges biaisés ne purent lui refuser le titre de champion du monde.
Rubenstein, qui patina encore pendant plusieurs années, contribua aussi à l'avancement de la course cycliste au Canada. Il dirigea également plusieurs associations sportives et se hasarda même a faire un peu de politique. De toute évidence, il était un homme dévoué qui travaillait toujours pour le mieux-être de la collectivité.
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l'origine, le patinage n'avait rien d'un sport : les bons explorateurs, trappeurs, chasseurs et colons apportaient habituellement une paire de patins solides lors de leurs excursions hivernales. Mais ces patins étaient indûment encombrants et inconfortables. Au début des années 1860, plusieurs améliorations ont été
apportées pour rendre les patins plus commodes, et c'est ainsi que le sport du patinage est né.
Les premières patinoires intérieures n'étaient rien d'autre que des cabanes en bois érigées sur des plans d'eau gelés. C'est dans une de ces premières
patinoires, à Montréal, que s'est établi le prestigieux Club de patinage de Montréal. Le patinage est vite devenu une activité sociale importante au Canada, et la patinoire locale, un lieu de rassemblement pour divers événements populaires, des mascarades et la soirée dansante hebdomadaire animée par
l'orchestre local.
On ne
sait pas avec certitude comment le patinage artistique - « la danse sur
glace » - a commencé, mais l'homme qui a popularisé le sport en Amérique
du Nord est Jackson Haines, un maître de ballet. Dans les routines conçues
par Haines, le patineur devait tracer des figures dessinées sur la glace.
Le truc était de savoir comment bouger pour que les patins suivent le
tracé sans hésitation. De nos jours, cette exigence demeure un élément
central des figures imposées que doivent effectuer les patineurs lors des
compétitions.
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En 1875, le patinage au Canada était subdivisé
en différentes disciplines, mais les spectateurs privilégiaient toujours
la fluidité et l'élégance du patinage au son de la musique, le « patinage
artistique » ou « patin de fantaisie ». Cette catégorie était elle-même
subdivisée en différents styles culturels : continental, international et
anglais. On s'inspira éventuellement des autres styles pour créer le tout
nouveau style nord-américain. Avec l'intégration de ce dernier, le Canada
est devenu un concurrent de taille dans l'arène internationale. Le Canada
a aussi été un pionnier dans l'heureux mariage du patinage et du
spectacle, intégrant les costumes, les éclairages, la chorégraphie et les
mouvements dramatiques et comiques dans les performances des patineurs.
Barbara Ann Scott a été une des figures importantes dans ce mouvement. En 1947, âgée de 16 ans seulement, cette jeune Canadienne s'empara du Championnat du monde - et du cS.ur des Canadiens. La plus jeune championne de patinage du continent, Scott combinait les figures imposées avec du « patinage libre », une discipline en soi qui ne serait admise officiellement en compétition que 20 ans plus tard.
Lorsqu'on adopta enfin le patinage libre dans les années 1970, on lui donna davantage d'attention qu'à toutes les autres catégories : dans le monde du patinage, l'attention passait de l'individualisme à l'expressionnisme. Une des figures marquantes de la période a été Toller Cranston, un patineur créatif et
controversé reconnu pour son style libre inimitable. Même s'il n'a jamais porté le titre de champion mondial, Cranston a ouvert le monde du patinage artistique masculin à une toute nouvelle gamme d'émotions et de mouvements qui ont permis à de futurs champions comme Brian Orser de s'épanouir.
Pendant tout ce temps, le patinage de vitesse évoluait lui aussi au Canada, même si les médailles étaient habituellement réservées aux Pays-Bas et aux nations scandinaves. Puis, en 1980, le Québécois Gaétan Boucher a établi un
nouveau record du monde dans le 1000 mètres avant de remporter quelques années plus tard deux médailles d'or et une médaille de bronze aux Jeux Olympiques.
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La popularité du patinage est en partie attribuable à la popularité d'autres sports d'hiver au Canada, notamment le curling, puisque les patinoires locales étaient souvent construites par des clubs de curling.
À l'origine, le curling n'est pas un sport canadien, mais plutôt, une « importation » écossaise. On comprend facilement pourquoi ce sport est devenu si populaire ici : il est d'une simplicité captivante. En effet, les joueurs font simplement glisser vers une cible de gros disques appelés « pierres » sur une surface glacée. En dépit de la simplicité des règles, le curling est un sport où la stratégie et les jeux tactiques sont de prime importance. C'est précisément parce qu'il allie la simplicité et l'adresse que le curling est devenu un passe-temps et
un sport si populaire au Canada.
Même s'il s'agit d'un sport importé, le curling a beaucoup évolué et progressé au Canada. Et lorsque le curleur canadien William Reynolds a remporté la Médaille
Denham en 1843, un journal de Toronto a proclamé « on peut maintenant considérer que le curling est un jeu canadien plutôt qu'un jeu écossais en Ontario. »
Le curling a aussi conquis les habitants
des Prairies, principalement en raison du rude climat, mais aussi, parce
qu'une colonie écossaise nombreuse s'y était établie et que plusieurs
de ses membres étaient plus qu'heureux de renouer avec leurs traditions
natales et de les promouvoir dans leur terre d'adoption.
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