Skiing
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Extra!Extra! M es milliers de Canadiens se souviennent de son visage radieux à la une des journaux et à la télé. Désarmante par sa simplicité et sa candeur, on la décrivait comme la « fille d'à côté » et « la gardienne préférée des Canadiens ». Mais cette allure de jeune fille sage que les médias se plaisaient à mettre en lumière n'était qu'une dimension de Nancy Greene, qui était en fait beaucoup plus dynamique et déterminée qu'on ne le croyait. Ceux qui la connaissaient bien savaient qu'elle avait aussi un côté audacieux et résolument compétitif. C'est d'ailleurs pourquoi ses proches l'avaient surnommée « Le Tigre ».

Nancy Greene a grandi les skis aux pieds. Depuis toujours, elle s'adonnait à son sport préféré par pur plaisir et sans manifester le moindre désir de compétition. Mais en 1958, la venue du Championnat junior canadien dans sa ville natale de Rossland, en Colombie-Britannique, a tout changé. Sa soeur Liz, ainsi que plusieurs autres jeunes filles de la région, s'étaient qualifiées pour la compétition. Nancy, elle, n'avait même pas été invitée à participer. La veille de la course, deux des principales concurrentes se sont blessées et on a pensé à appeler Nancy comme substitut. Ce n'était pas l'offre la plus flatteuse, mais la rivalité fraternelle la poussa à participer et elle termina troisième au slalom. Ce jour triomphal lui donna confiance en ses capacités et seulement deux ans plus tard, elle participait aux Jeux Olympiques. C'est à ce moment qu'elle fit la connaissance de la skieuse canadienne Anne Heggtveits, qui l'aida à comprendre l'engagement et la discipline nécessaires pour faire du ski de compétition.

Les commanditaires se faisaient rares au début des années 60 et Nancy avait la mauvaise habitude de faire de spectaculaires chutes au moment précis où elle semblait sur le point de gagner. Ce qui allait devenir sa marque de commerce s'est manifesté pour la première fois au Championnat mondial de 1966 au Chili. Après avoir réussi une excellente course, elle a fait une chute à seulement 45 mètres de la ligne d'arrivée, envoyant promener son casque, ses bâtons et ses skis et faisant des roues à 70 km/h avant de s'écraser contre un mur de retenue. Sa prochaine chute théâtrale vint un an plus tard, lorsqu'elle perdit le contrôle et traversa la porte à toute vitesse... à reculons !

« Il faut aller vite, mais pas vite au point de perdre le contrôle... J'ai appris que je peux obtenir de meilleurs résultats... si je me retiens un peu et si je me concentre vraiment sur le circuit au lieu de l'attaquer aveuglément.»

Il n'y avait jamais de demi-mesures avec Nancy : lorsqu'elle perdait, c'était désastreux, mais lorsqu'elle gagnait, c'était phénoménal ! Lors du Championnat du monde en 1967, Nancy a commencé l'avant-dernière course avec un retard de 21 points sur sa plus proche rivale. Elle a dévalé la montagne, traversant 56 portes en 46.16 secondes, et a terminé l'épreuve au deuxième rang. La descente suivante, elle a battu sa principale rivale de sept centièmes de seconde !

Son talent pour les remontées spectaculaires lui a d'ailleurs permis de remporter la Coupe du monde en 1967 et en 1968. Mais c'est sa grande détermination qui a su capturer le cœur des Canadiens et qui lui a mérité le titre d'athlète féminine de l'année deux années de suite.





L ien avant que le ski ne devienne un sport populaire, la raquette était le loisir des Canadiens de classe moyenne qui choisissaient de profiter des joies de l'hiver - plutôt que de s'y soustraire. Les origines du Club de raquette de Montréal remontent en effet aux années 1840, alors qu'une douzaine d'amis ont commencé à se rassembler pour faire ensemble des promenades le dimanche après-midi. Trois ans plus tard, le nombre d'adeptes avait tellement augmenté qu'il leur a fallu se doter de structures et organiser les réunions. Avec l'élection du premier président du club, et les courses qui ont suivi, le groupe est devenu un des premiers clubs sportifs en Amérique du Nord, et la raquette, une des activités récréatives les plus populaires au Canada et ce, jusque dans les années 1930.

La raquette amena une toute nouvelle dynamique au monde du sport. Bien avant de devenir une activité populaire dans la société canadienne, la raquette était fort connue des amérindiens qui l'utilisaient depuis toujours pour se déplacer - et se divertir. Quand on a commencé à exploiter l'aspect compétitif de la raquette en organisant des courses, on n'a pu que constater la nette supériorité des coureurs amérindiens dans cette discipline en raison de leur expérience et de leur équipement. Cette supériorité est vite devenue une pomme de discorde entre indiens et blancs, les premiers refusant catégoriquement de vendre leur équipement aux seconds. Selon plusieurs, ceci expliquerait pourquoi certains blancs ont abandonné la pratique de la raquette sportive, préférant trouver une autre discipline où ils pourraient exceller plus facilement.

C'est ainsi que l'attention des Canadiens fut dirigée vers le ski. Au début des années 1900, le ski organisé était très limité dans l'Ouest canadien, tandis que dans l'Est, il n'était populaire qu'auprès d'immigrants européens ayant pu apporter avec eux leur équipement de ski. À cette époque, cependant, le ski était une activité purement récréative : il ne devint populaire à titre de sport qu'au moment où d'autres activités hivernales plus conventionnelles commencèrent à perdre la faveur des Canadiens.







À la fin du 19e siècle, le ski prit son envol grâce au... saut à skis. En effet, ce sport attirait des foules nombreuses qui regardaient des sauteurs dévaler les montagnes des Rocheuses, de larges rampes en bois dans les Prairies, les pentes du Mont-Royalau coeur de Montréal, et les falaises de Rockliffe Park à Ottawa. Dans l'Ouest canadien, le saut à ski a été un des sports d'hiver les plus populaires auprès du public jusque dans les années 1930.

Alors que dans l'Ouest on se contentait du saut à skis, dans l'Est, on s'intéressait de plus en plus aux disciplines plus audacieuses du ski alpin : la descente, le slalom et le slalom géant. Les collines déboisées et couvertes de neige à proximité de la plupart des grandes villes attiraient les skieurs qui grimpaient les pentes à pied le matin et perfectionnaient leurs techniques de virages télémark et d'arrêts Christiania le reste de la journée.

Au début des années 1930, plusieurs développements ont changé le ski à jamais. Le plus important de ceux-ci est sans doute l'avènement du câble de remontée. La première version de cet engin était très rudimentaire et se composait d'un moteur Dodge 4 cylindres tirant sur le câble de remontée auquel s'agrippaient les skieurs. Ce mécanisme simple a permis aux Canadiens de se concentrer sur les nouvelles techniques de ski au lieu de s'épuiser à remonter les pentes à pied. En quelques années seulement, les centres dotés de pentes pour la descente, et de remonte-pentes mécaniques, faisaient leur apparition partout en Amérique du Nord.

Si le Canada n'a jamais vraiment dominé en ski de compétition, quelques athlètes ont été de notables exceptions à la règle. En 1958, Lucille Wheeler a remporté le Championnat du monde en descente et en slalom géant, une victoire tout à fait inespérée. Cet exploit a suscité beaucoup d'intérêt à l'égard du sport, et l'année suivante, le Canada envoyait une équipe nationale aux compétitions organisées en Europe. Par la suite, le Canada a produit une brochette de skieurs de calibre international, tous des femmes. Le calibre des skieurs masculins a été plus lent à développer, mais une fois lancés, nos skieurs ont littéralement fait fondre les parcours les plus glacés et les plus difficiles. Quatre d'entre eux - Dave Irwin, Dave Murray, Steve Podborski et Ken Read - ont attiré l'attention internationale et ont vite reçu le sobriquet de « Crazy Canucks ».

La popularité du ski ne semble pas vouloir diminuer, bien au contraire. De plus en plus de Canadiens possèdent leur propre équipement de ski et nous pratiquons aujourd'hui le ski tant à titre de sport que de loisir. Nous en maîtrisons les techniques et avons même créé de nouveaux événements et de nouvelles disciplines, dont l'acroski, les bosses et les sauts. Fait à noter : avec tous les développements dans la technique, la technologie et l'équipement de ski, une des formes de ski les plus populaires demeure le ski de fond, une discipline à l'image du sport que pratiquait nos ancêtres.